Le constat qu'il dresse est sans détour : dans les zones rurales, quatre jeunes sur cinq ne maîtriseraient pas des outils bureautiques de base comme Word ou Excel. Ce chiffre illustre une réalité souvent sous-estimée : la fracture numérique ne se résume pas à l'accès à Internet. Être connecté ne suffit pas — encore faut-il savoir produire un document, exploiter un tableur ou mener une recherche efficace.
C'est précisément ce déficit de compétences que la nouvelle salle multimédia d'Iboundji entend combler, en mettant à disposition des jeunes des équipements et un accompagnement leur permettant d'acquérir des compétences numériques directement mobilisables dans leurs études, leurs projets et leur future vie professionnelle.
Intégrer l'intelligence artificielle dans la formation
Le ministre évoque également ChatGPT et l'intelligence artificielle — un point qui mérite d'être souligné. La formation au numérique ne peut plus se limiter aux logiciels bureautiques traditionnels : l'IA transforme déjà les modes d'apprentissage, de travail, de création et d'entrepreneuriat. Pour les jeunes d'Iboundji, l'enjeu dépasse donc la maîtrise des outils existants ; il s'agit d'anticiper cette évolution plutôt que d'en rester à l'écart. À défaut, la fracture numérique de demain pourrait se jouer autant sur les usages que sur l'accès aux équipements.
Une posture qui tranche avec les codes institutionnels habituels
Le reportage montre un Mark Doumba dans un registre inhabituel pour un membre du gouvernement : en T-shirt, une manette de PS5 à la main, au cœur d'une initiative consacrée à l'accès des jeunes à la technologie.
Cette image fait écho à un discours qui ne réduit pas la technologie aux seuls équipements professionnels : jeu vidéo, intelligence artificielle, Internet, création numérique font désormais partie intégrante du quotidien et de la culture des jeunes générations.
Une initiative qui commence par le terrain
Le choix d'Iboundji donne à cette démarche une dimension singulière : le ministre a choisi de débuter par son propre village natal, en misant sur une action concrète plutôt que sur un discours général consacré à la transformation numérique.
Reste à voir comment cette initiative pourra se prolonger : formations complémentaires, ateliers réguliers, apprentissage approfondi de l'IA, accompagnement de jeunes porteurs de projets, autant de pistes qui pourraient renforcer la portée de cette salle multimédia. Car connecter les territoires constitue une première étape ; donner aux populations les moyens de tirer pleinement parti de la technologie en est une autre.





