Les inscriptions et les frais de scolarité de la première université du pays passeront désormais par sa solution.
La cérémonie s'est tenue au rectorat, en présence du recteur Jean Jacques Tony Ekomie et d'Aimé Tchang Nguema, cofondateur de BAKO AI. Les deux parties ont signé un contrat de partenariat technique portant sur l'intégration de la solution de paiement PVit. L'objectif : permettre aux étudiants de mener tout leur parcours en ligne, de la préinscription jusqu'au paiement des frais liés à leur inscription. Dans un premier temps, le dispositif couvre les inscriptions et les frais de scolarité de la rentrée 2026-2027.
Les étudiants règlent par Mobile Money, directement dans SicoloSup, le système de gestion de l'université, sans frais supplémentaires. L'université prévoit ensuite de l'étendre à d'autres services.
Une nouvelle étape, pas une première
L'UOB n'en est pas à ses débuts. L'université avait déjà engagé la digitalisation de ses paiements avec un premier partenaire, qui a ouvert la voie. Cette signature marque une nouvelle étape dans ce chantier.
C'est aussi un signe de maturité de l'écosystème. Plusieurs fintechs gabonaises proposent aujourd'hui des solutions d'agrégation, et les institutions publiques peuvent choisir celle qui répond le mieux à leurs besoins du moment. Une diversité d'offres qui profite d'abord aux usagers.
Garder la main sur son outil
Selon l'université, le choix de PVit tient d'abord à la souplesse de sa solution. Elle s'intègre plus librement aux outils de l'UOB et offre une meilleure visibilité sur les encaissements.
Concrètement, PVit joue le rôle d'agrégateur. Sans lui, une institution qui veut accepter plusieurs moyens de paiement doit se connecter à chaque opérateur séparément, puis entretenir chacune de ces connexions. L'agrégateur offre une seule porte d'entrée vers l'ensemble des moyens de paiement. Côté étudiant, cette mécanique reste invisible : il choisit son moyen de paiement et règle depuis son espace d'inscription.
Pour une université publique, ce n'est pas un simple détail technique. Savoir précisément ce qui a été payé, par qui et quand, c'est une question de gestion et de transparence vis-à-vis de l'État comme des étudiants.
Le paiement est aussi le maillon qui manquait pour une démarche de bout en bout. SicoloSup gère déjà les préinscriptions, les inscriptions et la scolarité. Mais tant qu'un étudiant commence en ligne et doit finir au guichet, la digitalisation reste à moitié faite.
Une fintech gabonaise face aux solutions venues d'ailleurs
Ingénieur informaticien de formation, Aimé Tchang Nguema rappelle que PVit est sur le marché depuis neuf ans. Il reconnaît qu'il reste difficile, pour une fintech locale, d'accéder aux comptes des entreprises comme à ceux des administrations publiques. D'où la portée symbolique de cette signature.
BAKO AI revendique d'être à l'origine du paiement par Push USSD, qui permet de valider une transaction directement depuis son téléphone, sans saisie de code complexe. L'entreprise se présente également comme certifiée par le GIMAC et travaille avec plusieurs opérateurs de Mobile Money et banques au Gabon et en zone CEMAC.
« On voulait montrer qu'au Gabon, on a aussi la capacité de faire des choses qui ne viennent pas seulement d'ailleurs. On a l'expertise pour accompagner l'université dans cette aventure », souligne le cofondateur de BAKO AI.
Le partenariat est pensé pour évoluer par étapes. « Aujourd'hui, on commence par la digitalisation des inscriptions. Avec vous, on verra ce qu'il faut améliorer avant d'aller sur d'autres volets de notre partenariat », a-t-il précisé à l'adresse des équipes de l'université.
Le recteur a salué le partenariat et encouragé les deux parties à aller plus loin. Il s'est notamment montré ouvert à un volet formation sur les métiers du paiement digital, une expertise qui manque encore localement.
Pour les étudiants, le changement est immédiat : après des préinscriptions en ligne ouvertes du 10 juillet au 30 septembre, les inscriptions de la rentrée 2026-2027 sont les premières concernées. L'extension à d'autres services dira si le paiement digital devient, à l'UOB, la norme plutôt qu'une option.





