Le géant américain, propriétaire d’Instagram, Facebook, WhatsApp et Threads, était poursuivi par une coalition de 47 États américains. Les procureurs lui reprochaient notamment d’avoir conçu certaines fonctionnalités de ses plateformes pour maintenir les jeunes utilisateurs le plus longtemps possible.
Défilement infini, notifications push, recommandations de contenus ou encore mécanismes de comparaison sociale comme les likes étaient particulièrement visés. Selon les autorités, ces fonctionnalités pouvaient contribuer à une utilisation compulsive des plateformes et aggraver certains problèmes liés au bien-être des adolescents.
Meta devra aussi modifier ses plateformes
L’accord ne se limite toutefois pas à un règlement financier. Meta devra également renforcer les protections destinées aux mineurs sur Instagram et Facebook.
L’entreprise s’est notamment engagée à mettre en place des limites plus strictes sur le temps d’utilisation, à renforcer la vérification de l’âge et à simplifier les contrôles parentaux. Les notifications seront également limitées pendant les heures scolaires et certaines fonctionnalités liées aux likes et à la comparaison sociale devront être adaptées.
Meta devra par ailleurs renforcer ses protections contre le harcèlement et certains contenus dangereux, notamment ceux liés aux troubles alimentaires et à l’automutilation.
Adam Mosseri directement interrogé
L’affaire avait pris une nouvelle dimension ces derniers jours avec le témoignage d’Adam Mosseri, le patron d’Instagram.
Le dirigeant a notamment été interrogé sur l’efficacité d’outils comme « Take a Break », qui invite les utilisateurs à faire une pause après un certain temps passé à faire défiler leur fil.
Les procureurs ont souligné que certaines de ces fonctionnalités, lorsqu’elles étaient facultatives, étaient peu utilisées par les adolescents. Des documents internes présentés au tribunal ont également alimenté les interrogations sur ce que Meta savait réellement des effets de ses plateformes sur les jeunes.
Un accord qui dépasse largement Meta
Ce qui rend cette affaire particulièrement importante pour l’industrie tech, ce n’est finalement pas seulement le montant du règlement.
Pendant des années, la responsabilité des réseaux sociaux a principalement été discutée autour des contenus publiés par leurs utilisateurs. Cette affaire pose une autre question : les plateformes doivent-elles aussi être responsables de la manière dont leurs produits sont conçus pour capter l’attention ?
C’est un changement de perspective majeur.
Meta n’a pas reconnu avoir commis de faute en concluant cet accord, qui met fin aux poursuites sans attendre leur issue complète. Mais avec des dizaines d’États américains désormais engagés sur cette question et d’autres procédures visant les grandes plateformes, le message envoyé à l’industrie est clair :
la conception d’un produit tech peut désormais devenir elle-même un sujet de responsabilité juridique.
Et les 9 650 milliards FCFA que Meta pourrait verser pourraient bien ne représenter que le début de cette nouvelle bataille autour de la sécurité des enfants sur Internet.





