L'initiative constitue la première brique de l'UniPod Gabon, un futur pôle d'excellence numérique intégré au programme panafricain Timbuktoo porté par le PNUD.
Timbuktoo, une ambition continentale d'un milliard de dollars
Lancée en janvier 2024 au Forum économique mondial de Davos, Timbuktoo est l'initiative phare du Bureau régional du PNUD pour l'Afrique en matière d'innovation et d'entrepreneuriat. Son objectif est de mobiliser, sur dix ans, un milliard de dollars de capital catalytique et commercial pour combler les lacunes de financement et de mentorat auxquelles se heurtent les jeunes entreprises technologiques africaines.
Le cœur opérationnel de cette stratégie repose sur les University Innovation Pod (UniPod) : des pôles d'innovation implantés au sein d'universités publiques, pensés comme des espaces d'expérimentation, de prototypage et d'apprentissage accéléré pour les étudiants et porteurs de projets. Seize pays sont engagés dans ce déploiement, dont le Mali, le Rwanda, l'Ouganda, la Sierra Leone, le Togo, la Zambie et désormais le Gabon.
Un premier pôle basé à l'USTM
En choisissant Franceville et l'USTM comme point d'ancrage, le Gabon inscrit son UniPod dans une région historiquement tournée vers les sciences et l'ingénierie : l'université, créée en 1986, regroupe la Faculté des sciences, l'École polytechnique de Masuku et l'Institut national supérieur d'agronomie et de biotechnologies. C'est sur ce terreau académique existant que TechSpace Masuku doit s'appuyer pour ses premières activités.
La phase de lancement affiche des objectifs concrets et mesurables : former des centaines de jeunes, avec un objectif d'au moins un tiers de participantes, accompagner des porteurs de projets dans la structuration de leurs idées, et faire émerger les premières solutions technologiques concrètes issues du pôle.
Numérique, intelligence artificielle, robotique et agritech
Le positionnement thématique de l'UniPod Gabon, à terme, couvre quatre domaines : le numérique, l'intelligence artificielle, la robotique et l'agritech. Ce dernier axe fait écho à des dynamiques déjà présentes sur le campus, où un living lab agricole de l'USTM travaille depuis plusieurs années sur des solutions locales de production alimentaire.
Le choix de ces quatre filières situe le pôle à la croisée de deux logiques : d'un côté, des compétences numériques et d'IA directement connectées aux priorités de transformation digitale affichées par le gouvernement gabonais ; de l'autre, des applications agritech et robotique ancrées dans les réalités économiques du Haut-Ogooué, région historiquement minière et forestière en quête de diversification.
Ce que ça change pour l'écosystème, au-delà de Libreville
L'intérêt de TechSpace Masuku tient moins à sa taille initiale qu'à sa localisation. La quasi-totalité des initiatives d'innovation gabonaises récentes, Kimba Connect ou les programmes d'accompagnement de startups, restent concentrées à Libreville. En installant son premier pôle universitaire d'innovation à Franceville, le PNUD et le CGI ouvrent un accès structuré à l'écosystème pour des étudiants et porteurs de projets qui, jusqu'ici, devaient se rapprocher de la capitale pour bénéficier d'un accompagnement comparable.
Reste à voir comment ce pôle s'articule avec les autres dispositifs déjà en place, Kimba Connect en tête, et si le calendrier annoncé pour la formation des premières cohortes sera tenu. C'est cette mise en œuvre concrète qui déterminera si TechSpace Masuku dépasse le stade de la signature d'accord pour devenir un véritable point d'ancrage de l'innovation dans l'intérieur du pays.





